Lucernaire

53, rue Notre Dame des Champs, 75006 Paris

Certains épousent leur professeur de théâtre. Lui s’est mis à la colle avec celle qui fut sa baby-sitter : la radio. Enfant, elle lui tenait compagnie dans une maison vide d’amour. Dans le gros poste Telefunken (« Deutsche Qualität ») comme dans la voix de Charles Trenet, il voyait brillait la mer, des abbés à bicyclette, des soldats bardés de fer, le 14 Juillet en fête… Le monde n’arriva jusqu’à lui qu’en empruntant des timbres de voix. Il les a encore à l’oreille. Pensionnaire, le poste à galène, caché sous les draps, lui offrit quantités de lignes de fuite et d’issues de secours, payables de quelques dimanches de colle. Étudiant, la radio le présenta à la chanson : il ne la quitta plus. Elle devint pour lui une famille, un refuge, une force, un échappatoire, un bien enfin commun. A 30ans, au sortir de l’adolescence qui n’avait que trop traîné, la radio et lui officialisèrent leur liaison. Ensemble, ils naviguèrent d’ondes en ondes nouant au passage avec des inconnus des deux sexes et des trois âges des amitiés à la vie à la la mort qu’aucune rencontre n’abîma jamais.
Aujourd’hui, il s’interroge à haute voix : « Si je n’avais pas fait ce métier, aurait-il fallu que je travaille ? ».

Causerie drolatique de Philippe Meyer, illustrée en musique et en chansons autour de ses aventures radiophoniques, personnelles et professionnelles.

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