Andromaque

Epée De Bois

Route du Champ de Manoeuvre, 75012 Paris

Et si la violence contemporaine n’était plus de succomber à son désir, comme une bête, mais de le nier, comme un ange ?

En déroulant les fils enchevêtrés des passions amoureuses que met en scène Andromaque, Racine fouille la vertigineuse question du désir et démonte sa mécanique universelle : plus l’objet s’éloigne et plus le désir augmente. Mécanique ô combien dramaturgique ! Pour achever la démonstration et mener l’oeuvre à sa forme tragique, Racine pousse le jeu à l’extrême et situe l’objet hors d’atteinte. Pour les personnages, les seules issues sont la mort ou la folie.

Malgré la démesure de la peinture, impossible de ne pas voir que la violence d’Hermione et de Pyrrhus, le délire d’Oreste et la cruauté d’Andromaque sont bien les nôtres. La puissance impérieuse du désir contient une sauvagerie qui menace, à tout moment, de démentir la raison et de renverser tous les ordres.

Impossible à chasser, difficile à apprivoiser, sa nature mystérieuse a beau être dérangeante, le désir est constitutif de l’être humain – aucune action ne pourrait exister sans lui, et le pire serait de s’en détourner.

Dans notre société moderne, hyper sensible au moindre danger, avide de contrôle et de  » douceur « , au point de donner, du désir, une image pathologique, la pièce de Racine provoque une sorte de collision historique à la fois abrupte et réjouissante.
Et si la violence contemporaine n’était plus de succomber à son désir, comme  » une bête « , mais de le nier, comme  » un ange  » ?

Une mise en scène centrée sur le jeu des acteurs : une distribution jeune, une scénographie épurée, sans décor, un travail au cordeau sur la langue française, pour une version moderne et réjouissante, dans un respect absolu de l’oeuvre.

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